De mon appartement, on voit la grande roue qui brille, on voit le soleil qui se couche, on voit les gens dans la rue. De mon appartement, on voit mon voisin d'en face, on voit son sapin de Noël, et sa copine qui vient l'embrasser tendrement sur la joue. De son appartement, lui, il voit mon appartement détapissé depuis deux mois, sans sapin, sans décoration chaleureuse, il me voit seule, sur mon balcon.
De retour avec bien de la peine dans le cocon familial. C'est tellement bon. On a l'impression de redevenir soi-même. C'est là qu'on se rend compte qu'au fond, on a changé, un peu. Rire avec ses parents. La complicité que j'ai toujours partagé avec mon père, j'adore ça. Silloner les routes enneigées avec lui. On chante tous les deux avec Phil Collins, on roule à 110 km/h sur la voie qui n'a pas été dégagée par les chasses neiges pour se faire des frayeurs, on patine, on dévie, on double les gens qui n'avancent pas, et on leur envoie toute la neige de notre toit en les doublant. On rit. On va partout, on roule sur de la neige encore fraîche, et on freine comme des dingues pour déraper encore plus. On va chercher les cadeaux de Noël. J'aime mon père.
En revanche, alors que mon père me fait rire comme je n'avais pas rit depuis longtemps avec lui, ma mère me fait réfléchir. La Nintendo 64 est sortie du placard depuis hier après midi, moment où en allant chercher les décorations de Noël, nous sommes tombé sur la console de notre enfance. On était comme des fous. On a joué à Mario Kart, Haha. Mais ma mère étant une mauvaise perdante, et me voyant gagner à chaque fois, m'a lancé d'un ton rieur "Bah dis moi, heureusement que t'es célibataire, sinon tu serais Cocu ! Et puis, heureuse aux jeux, malheureuse en Amour !". Merci Maman.
Ha Maman, si je pouvais te le dire. Te dire que ce gaillard de 25 piges qui m'a énervé l'autre soir, qui a tout fait pour m'intriguer, oui que cet homme m'a dragué, m'attire étrangement, mais qu'en ce moment même, alors que je m'étais promis de ne plus penser à lui, il est avec sa "copine" en vacances, à la montagne. Et que je m'en veux de ne pas avoir pu répondre à ses derniers appels, avant qu'il ne la rejoigne. Je m'en veux alors que, en fait, je ne veux rien de lui. Je ne veux rien attendre de lui. Et pourtant, j'attend. Oui. Je suis sotte. J'aime juste ça. C'est bête. Etrange. Compliqué, peut-être. Mais je n'ai pas demandé ça. De toute façon, je ne voudrais pas de lui pour moi tout seule. J'aime juste ça, qu'il me désire. C'est tellement bon. Mais surtout, c'est tellement Con.
*J'ai rencontré un garçon charmant, dans mon immeuble.
